Interventions
 

Communication du délégué à l’emploi François Kalfon / Caroline BARDOT

Conseil régional du 10 juillet 2015

Intervention sur la communication du délégué à l’emploi F. Kalfon

Caroline Bardot

 

 

Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

 

Disons le d’emblée, pour notre groupe, cette « stratégie régionale », loin d’être « ambitieuse », est très décevante. L’emploi est en effet au cœur des préoccupations des Franciliennes et des Franciliens, et ceux-ci attendent de nous davantage que les quelques mesures énoncées ici.

Si nous sommes d’accord sur la nécessité de promouvoir un modèle de développement porteurs de création d’emploi, nous divergeons fortement sur la méthode et sur les ambitions de ce modèle.

Une stratégie régionale pour l’emploi implique bien sûr de consulter largement les acteurs appelés à jouer un rôle économique important pour la région, comme les maîtres d’ouvrage du Grand Paris et les opérateurs de transports, les missions locales, Pôle emploi et, pourquoi pas, le MEDEF. On s’étonnera néanmoins que d’autres acteurs majeurs aient été oubliés, à commencer par les syndicats de salariés ou les structures de l’insertion, qui ont eux aussi des points de vue et des propositions à faire valoir sur d’emploi.

 

On s’étonnera également de l’absence total de travail avec les élus, locaux et régionaux. Il aurait notamment été fructueux d’engager la réflexion avec les élus des commissions du Développement économique et de la Formation professionnelle et de l’emploi : on aurait ainsi pu éviter que ce texte oublie tout ce que notre majorité a proposé d’innovant en matière d’emploi au cours de ce mandat. Je pense en particulier aux Etats généraux de la conversion écologique et sociale, qui ne sont pas une seule fois mentionnés…

 

Nous aurions ainsi pu dire que la baisse des dotations aux collectivités et la réduction d’aides aux associations se traduit par des suppressions massives de postes.

Nous aurions pu également dire que la politique austéritaire et les cadeaux fiscaux du Gouvernement aux entreprises, avec le CICE et le Crédit Impôts Recherche, ne sont d’aucune efficacité, bien au contraire !

Nous aurions alors pu vous dire que les investissements publics massifs sont indispensables. Un travail d’anticipation et de coordination autour des chantiers du Grand Paris est en ce sens incontournable.

Pour ce qui concerne les restructurations d’entreprises, celles-ci doivent, autant que possible, être accompagnées… mais plutôt que se cantonner au rôle « d’amortisseur de chocs conjoncturels », comme le dit le rapport, c’est d’abord à la création d’emplois durables, non délocalisables et de haute qualité que doit, à notre avis, se consacrer notre Région !

Nous l’avons dit lors de nos récents échanges sur la COP 21, la réponse aux enjeux climatiques et environnementaux doit être le moteur d’une nouvelle révolution économique, écologique et solidaire, au service des populations, passant par un grand plan d’investissements de plusieurs milliards d’euros sur les énergies renouvelables, les rénovations de logements, les transports de voyageurs et de fret, sur l’agriculture, et sur la relocalisation des productions. Au-delà de la seule perspective du Grand Paris, il faut faire de l’Ile-de-France le moteur de cette révolution.

Les moyens financiers existent dans cette région qui est l’une des plus riches d’Europe, et il faut une volonté politique pour aller les chercher et les mobiliser utilement : voilà ce que doit être, à nos yeux, une stratégie pour l’emploi vraiment ambitieuse. Je vous remercie.